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CatherineArticle publié le 15.02.2012 |
De drôles de choses se passent dans la ville de Vincent, notre héros. Plusieurs jeunes individus de sexe masculin sont en effet retrouvés morts dans leur lit, sans aucune explication rationnelle. Une rumeur circule toutefois, selon laquelle les hommes infidèles sont victimes d'une terrible malédiction. C'est à partir de cette base scénaristique que va se développer l'histoire de Catherine. En couple depuis pas mal de temps avec la belle mais autoritaire Katherine, Vincent semble filer le parfait amour. Mais lorsqu'au détour d'un repas Katherine fait part à notre ami de ses envies d'un futur bien carré, à base de mariage et d'enfants, Vincent se rend compte que l'engagement n'est peut-être pas son truc. Un soir, alors qu'il tente de noyer ses doutes dans l'alcool, notre héros fait la rencontre de Catherine, une belle blonde plutôt en phase avec les idées de Vincent et pour qui engagement rime avec enchaînement. Quelques heures plus tard, Vincent se réveille brusquement pour constater qu'il n'est pas rentré seul de sa soirée bien arrosée. Le mal est fait, il a trompé Katherine avec Catherine. Pire, ses nuits vont désormais être hantées par d'affreux cauchemars où sa vie est constamment en danger.
Ces événements qui se déroulent au début du mode histoire de Catherine, Atlus les a largement mis en avant durant la promotion du titre. Car s'il y a bien une chose qu'on ne peut renier, c'est que le scénario du jeu est particulièrement soigné. Bien sûr, la grosse majorité des situations narrées sont complètement insolites et certains personnages ne sont pas loin de la caricature des mœurs occidentales, mais l'histoire fourmille d'éléments qui servent à imprégner le joueur de l'ambiance si unique du soft. On pense notamment aux dialogues particulièrement léchés, que ce soit lorsque Vincent se retrouve au bar avec ses amis ou dans une certaine intimité à son appartement, des répliques qui nous sautent parfois à la figure par leur caractère authentique et leurs références terriblement justes à la société actuelle. C'est là l'une des forces de Catherine, allier un univers fantasque et des situations guignolesques à un caractère de fond emprunt de sincérité. Voilà ce qui ressort de la partie animation du jeu, laquelle n'est heureusement pas uniquement constituée de cinématiques (tantôt en 3D, tantôt façon animé nippon) puisqu'un brin d'exploration est possible. Vincent peut en effet se promener dans le bar Stray Sheep, le lieu où il retrouve tous ses amis. En plus de converser avec la charmante serveuse du coin, notre ami peut consulter son téléphone portable. C'est à partir de ce petit appareil qu'il va envoyer et recevoir des messages à Katherine et Catherine, lesquels influenceront directement la jauge de moralité de notre héros pour, au final, déboucher sur l'une des fins du jeu. Catherine comporte en effet de multiples dénouements, qui dépendent tous d'où se trouve le curseur de cette fameuse jauge de moralité. Pour en revenir au bar Stray Sheep, précisons qu'il offre également l'occasion d'écouter toutes des pistes musicales du jeu (avec certaines références au catalogue d'Atlus) via un juke-box ou même de s'essayer à une borne d'arcade pour un mini-jeu old-school calqué sur la partie puzzle du soft.
Les puzzles de Catherine, parlons-en justement. Outre la partie animée, évoquant la vie réelle de Vincent durant la journée, le jeu d'Atlus se compose également de séquences puzzle-game faisant quant à elles références aux cauchemars que notre héros subit chaque nuit. S'il ne veut pas mourir, Vincent va en effet devoir grimper tout en haut d'un mur de cubes qui, à chaque fois, symbolise les craintes qui l'on tourmenté pendant la journée. Et lorsqu'il n'essaie pas de trouver une échappatoire, l'ami Vincent a accès à des paliers où il peut discuter avec d'autres moutons (l'image que reflètent les hommes dans cet enfer) qui lui confiront leurs angoisses, lui donneront quelques conseils sur les techniques à employer dans les puzzles ou encore lui proposeront, moyennant quelques pièces, des bonus uniques à utiliser dans ces mêmes casse-tête. Cette partie nuit/cauchemar de Catherine n'échappe pas elle-aussi à son lot de symboles avec, par exemple, des répliques bien taillées lâchées par les autres moutons ou encore un confessionnal qui demande à Vincent de répondre à une drôle de question pour faire pencher sa jauge de moralité d'un côté ou d'un autre.
Un univers atypique qui arrive à trouver écho auprès de certains joueurs, c'est bien, mais Catherine reste bel et bien un puzzle-game qui dispose de ses propres mécanismes. C'est d'ailleurs là que les choses commencent à se gâter un peu, même si le titre d'Atlus peut se targuer d'être diablement addictif. Pour rendre ses casse-tête les plus accrocheurs possibles, Catherine a la bonne idée d'introduire régulièrement de nouveaux éléments à prendre en compte dans la mécanique globale. Si, à la base, Vincent doit simplement grimper sur un mur de cubes en bougeant ces derniers de façon à se créer un passage (en poussant ou tirant un cube pour former un escalier de fortune ou un pont, par exemple), le challenge devient rapidement corsé. Plusieurs types de cubes font ainsi leur apparition avec, entre autres, des cubes qui tombent sur le joueur, d'autres qui s'effritent après deux passages, d'autres encore qui renferment un piège mortel et même certains qui explosent. Le joueur ne doit alors plus se contenter de manier les cubes pour trouver une voie salvatrice vers la sortie puisqu'il faut en plus prendre en compte chaque type de cube auquel on fait face. Autant dire que la démarche n'est pas aussi simple qu'elle le paraît. D'une part, les développeurs ont pris un malin plaisir à proposer des murs de cubes dont les schémas adoptés relèvent parfois de la folie, avec une marge de manœuvre très limitée pour le joueur et un droit à l'erreur proche du néant. D'autre part, comme si les éléments cités n'étaient déjà pas assez générateurs de frustrations, Catherine nous place parfois face à des murs encore plus compliqués à aborder, correspondant à une sorte d'affrontement face à un boss. La démarche est alors la même que pour les autres murs de cubes, sauf que l'on est en plus mis en danger par un chrono très limite qui, s'il n'est pas respecté, entraîne la mort de Vincent. Cette pression du temps est notamment symbolisée par une Katherine enragée désireuse de nous planter un coup de fourchette ou par ce qui ressemble à un bébé géant aux cris abominables qui nous poursuit sans relâche.
Difficile, Catherine l'est donc assurément et ce, quelque soit le niveau sélectionné. Si la version européenne du jeu inclut d'office un palier Easy qui tentera de soulager les plus déconcertés, les difficultés supérieures sont quant à elles redoutables malgré la présence d'une fonction rewind, permettant d'annuler un mouvement effectué en revenant dans le temps. Quant au nombre de vies à disposition du joueur, il a la douloureuse idée de se reporter d'un chapitre à l'autre, comme pour compliquer un peu plus la tâche. Mais pourtant, pour toutes les raisons que l'on a déjà évoquées, l'univers de Catherine donne envie de se surpasser pour connaître le(s) fin(s) mot(s) de l'histoire. Finalement, ce qui agace le plus avec le jeu d'Atlus, ce sont les quelques points de jouabilité qui viennent pénaliser l'expérience. En ligne de mire, la possibilité qu'a Vincent de se suspendre à un cube pour tourner autour et atteindre un autre cube. L'idée serait parfaite si diriger son personnage d'un côté ou d'un autre n'était pas aussi problématique, à cause d'un inversement chaotique de la direction en pleine manœuvre. Tout aussi embêtant, cette fichue caméra qui est censée nous offrir un regard sur les différents étages du mur à grimper alors qu'elle n'est finalement que peu mobile et trop peu réactive pour réellement être utile. Dans un titre tel que Catherine où le timing est aussi serré, ça ne passe forcément pas. Ajoutons à cela une certaine impression de se plier au même type de puzzle du début jusqu'à la fin, malgré la présence des différents types de cubes, et l'on se rend compte que le périple cauchemardesque mais si captivant de Vincent peut parfois agacer, frustrer et même se révéler répétitif.
Heureusement, pour terminer sur une note plus douce, on ne peut que saluer le travail effectué sur la réalisation du jeu. On pense surtout aux séquences en vie réelle, de jour, où Vincent et ses camarades sont mis en scènes dans des animations à la réalisation léchée, quelque soit le style adopté. Le jeu d'Atlus est à peine moins convaincant, sur le plan visuel, lors des séquences de nuit, donc les cauchemars, mais le level-design et l'ambiance générale rattrapent largement la donne. On ne peut également que se satisfaire des musiques qui nous en mettent plein les oreilles à coups de thèmes classiques habilement retravaillés et de pistes inédites enivrantes. Idem avec les doublages anglophones (pas de voix japonaises dans cette version européenne) de très bonne facture et capables de retranscrire de belle manière les émotions des personnages. Petit bémol en revanche en ce qui concerne les sous-titres en français du jeu qui, à plusieurs occasions, ne proposent pas toujours une traduction très juste des répliques originales. ![]() |
Jerem.
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7/10
| Les plus + Les scènes animées + Durée de vie conséquente + Gameplay addictif + Scénario bien ficelé + Plusieurs fins possibles |
Les moins - Difficulté souvent frustrante - Une mécanique redondante - Des soucis de jouabilité - Quelques coquilles dans la traduction française |